11.01.2008
Alice
Se deplacer en voiture plutôt qu'en train dans le cadre professionel possède des avantages indéniables, comme celui de pouvoir se concentrer des heures sur la route, de pouvoir maitriser son horaire afin de partir bien après les dernières correspondances, ou encore de se perdre completement dans Lyon en frôlant l'accident à chaque consultation de carte en conduite.
Vous l'aurez compris, ce n'est donc pas vraiment ma tasse de thé.
En retard d'une bonne heure, j'entre légerement anxieuse dans les locaux du client. Prévenu auparavent par un coup de téléphone, un jeune homme m'attend dans le hall.
Look baroudeur, barbe de quelques jours, cheveux court en bataille, seul un détail le distingue des mannequins presents sur les affiches "Hugo Boss" : malgré son apparence de la trentaine, ses cheveux sont blanc comme la neige, et sa barbe poivre-sel.
- "En retard, vous etes en retard..." m'acceuille-t'il en regardant sa montre, avec une voix ayant plus de moqueries que de reproches.
- "Oui, oui, désolée, je ne connais pas bien Lyon, je me suis perdue"
- "Ce n'est pas grave, ne vous inquietez pas. Venez, je vous emmene à la salle".
Le pas pressé, nous traversons quelques etages avant d'arriver au lieu dit, ou quelques personnes, cafés a la main, discutent avec bonne humeur. Le stress retombe.
- "Voila, c'est ici. Pas d'inquietudes, ils ne sont pas méchant"
- "Ca ira, j'ai l'habitude... merci beaucoup"
- "Mais de rien Alice" me dit-il avec un clin d'oeil. "N'hesitez pas a venir me trouver si vous avez besoin d'aide ce soir !" dit-il en s'eloignant avant que je puisse corriger son erreur sur mon prenom.
Quelques heures plus tard, ayant libéré mon groupe de ma pression tyranique, je déhambule dans les couloirs a la recherche de mon contact. C'est finalement lui qui me trouve, dans le temple de la discution banale, la sacro-sainte machine a café.
- "Alors, tout c'est bien passé ?"
- "Oui. Enfin, je crois que oui."
- "Alors, il fait quel temps a *****. Ca vous change de venir sur Lyon non ?"
- "Un peu... pas trop...".
Classique, sans interet, je me fous du temps comme de mon premier string.
- "Sinon Alice... vous n'avez pas l'air de connaitre Lyon, si vous n'avez rien de prévu ce soir, je peux peut-etre vous inviter a un bouchon au centre-ville ?"
Coup d'oeil rapide de circonstance... alliance... non, mais il a peut-etre préparé son coup. Sourire pervers... non, plutot gentil meme... beau gosse...
- "Pourquoi pas, oui, je n'ai rien de prévu... Par contre, je ne m'appelle pas Alice."
- "Ha ha, je m'en doute. mais si je vous dis que me nomme le Lapin Blanc dans ces locaux, vous en concluez quoi ?"
- ".... ca depend, ce sont plutot les femmes qui vous nomment ainsi, ou tout le monde"
Aucune gene apparente, il replique immediatement
- "Elles le feraient peut-etre, mais je n'espere pas, ce n'est pas très flatteur. En fait, c'est mes cheveux... voyez... et le fait que j'accueille souvent les jeunes femmes perdues comme vous"
- "Et... ?"
- "En retard, en retard... le lapin blanc... Alice au pays des merveilles quoi !"
Sans vraiment savoir pourquoi, surement grace a son sourire large sans être idiot, je n'ai pu repprimer un sourire.
Refusant de m'appeler autrement qu'Alice, le lapin blanc me fit rire toute la soirée. Sans être insistant, ni même entreprenant, je voyais très bien qu'il me trouvait attirante, et d'après les interrogatoires de rigueur qu'une jeune femme en chasse se doit de maitriser ("Je ne veux pas vous retardez, on doit vous attendre... Non ? Ah, vous vivez seul ?") il semblait célibataire. Et comme le dit le proverbe, femme qui rit, a moitié dans votre lit...
Je vous épargnerais une allégorie ayant une grosse carotte en me contentant de vous dire que ce jeune homme ne méritait pas son surnom de Lapin. Il fut tendre sans être une bête de sexe, et fit durer le plaisir aussi longtemps que necessaire pour la qualifier de satisfaisant. Il resta avec moi pour le reste de la nuit (ce qui n'est pas la majorité, croyez moi), petit geste agréable et prouvant son célibat.
Il m'accompagna le lendemain matin, et on se quitta en se faisant la bise. Je ne devais pas le revoir avant mon départ.
- "Voici mon numéro de téléphone... si tu perds dans les coins, n'hesite pas Alice, je viendrais te chercher... "
- "C'est pas pour tout de suite, mais je note la proposition"
Et alice retourna dans son monde...
16:11 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
je suis venu par ici, j'ai lu et j'ai bien aimé, alors je l'écris...
Un lecteur de passage qui, justement, commence à avoir les tempes grisonnantes...
Ecrit par : bigfish | 11.01.2008
Merci beaucoup (:
J'ai toujours trouvée craquant les hommes qui à la trentaine avait déjà les cheveux poivre-sel ou tout blanc. Malheureusement, c'est plutot la perte de cheveux qui commence vers ces ages la, et ça, ce n'est pas du tout charmant...
Ecrit par : orangefluo | 12.01.2008
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