06.02.2008

Un défi dangereux [Partie 4]

Après une longue hésitation, ou de multiples pensées durent lui traverser l'esprit, il se décida à tendre sa main pour la joindre à la mienne. Je l'ai relevée d'un geste, et attirée vers le seule endroit convenable et isolé ou je pouvais exercer mon talent.

Dans un appartement bondé de monde, seule deux piéces permettent d'accueillir un couple en manque d'amour et en toute discrétion. Les deux seules pièces qui ferment à clé, j'ai nommée les toilettes et la salle de bain.
J'avoue, je ne suis absolument pas une adepte de la gaterie dans les toilettes, que j'assimile avant toutes choses au besoin de défecquer. Et la scatophilie n'est pas, mais alors vraiment pas, une de mes perversions. C'est donc naturellement que je me suis dirigée vers la salle de bain, dans laquelle j'avais précédement vérifiée qu'un système de verouillage était present.

Clic-Clac.
Le piège était refermé avec, dans le rôle de la belle prise, un jeune homme qui ne semblait pas bien comprendre ce qui lui arrivait.

Le poussant doucement, je lui fit prendre place dos à la porte, seul endroit ou l'on pouvait s'adosser. Glissant mes mains sous sa chemise, je remontais en carresses jusqu'à son torse. Son coeur battait la chamade. Ca n'indiquait certes pas qu'il appréciait, mais au moins ca ne le laissait pas indifférent.
Remontant sa chemise avec les dents pour mettre à nu son abdomen, je me suis mise accroupie dans un premier temps, à genoux ensuite, afin de parcourir sa peau de mes lèvres. Petits pincements suggestifs, rapides passages de langue sur le nombril, aucun homme dans cette situation ne pouvait resister.

Et pourtant, c'est lorsque je descendis sur son entrejambe pour mordiller sa verge en érection à travers le jean's qu'il plaça ses deux mains sous mon menton afin de relever mon visage vers le sien. Il me lança un regard perplexe avant de s'exprimer d'une voix défaillante.

- "Je... ecoute... t'es très mignonne, vraiment... et aucune fille ne m'a jamais fait ce genre de plan... mais...".

Longue hésitation.

- "Mais ?"
- "J'ai quelqu'un en vue depuis quelques temps... et hier, il m'a montré qu'il ressentait aussi quelque chose de son coté... alors, je m'en voudrais un peu de te laisser faire... ca serait un peu comme le trahir... tu comprends ?"

Soupirant, je me suis relevée pour lui faire face, en me tenant contre lui.

- "Je comprend parfaitement. Max m'avait dit que t'étais célibataire, je ne savais pas, désolée."
- "Il ne doit pas savoir non plus, c'est assez récent."
- "Cette personne, c'est un homme, n'est-ce pas ?"
- "Oui, un gars rencontré par le net"
- "Bon. Et s'il n'avait pas été present dans ton esprit, ce soir... tu m'aurais cédé ?"
- "Je ne sais pas. Peut-etre. Sincerement, je ne me sens pas super à l'aise."

Approchant mon visage du sien, j'ai légérement pressée mes lèvres contre les siennes, l'espace d'une seconde.

- "Dommage. Ca ne se reproduira surement plus, c'était l'occasion pour toi d'essayer la gente féminine. Bonne chance avec ton gars."



Le lendemain matin autour d'un café-croissant, après avoir passée la nuit sur le canapé de Max.

- "Alors, raconte, t'as réussie à faire craquer Erwan ?"
- "Hmm... les termes du défi, c'était bien de vérifier si Erwan était exclusivement homo n'est-ce pas ? S'il a cédé à mon charme, j'ai gagnée ?"
- "Ouais. J'étais occupé, mais j'ai vu que tu discutais avec lui pendant la soirée. T'as reussie a coucher avec lui donc ?"
- "Et bien... Non, pas tout a fait, mais ca aurait pu. Il n'était pas célibataire, et apparement la fidélité fait partie de ses qualités. Mais il m'a certifié qu'il aurait adoré dans le cas contraire."
- "Ah ouais, mais non. Le deal c'était que tu baises avec lui, ou que tu le suces, enfin un truc qui touche au sexe quoi. Désolé mais la, cocotte, tu vas devoir subir mon courroux pour m'avoir défié !"
- "Merde, c'est pas juste. Bon, t'as déjà une idée derrière la tête je suppose"
- "Oh que oui. Mais ca sera une surprise pour ta prochaine visite."

Il y aura donc très certainement une suite, sans que je puisse vraiment le certifier ni donner une date. Il est aussi possible que je l'évite le temps qu'il oublie, mais j'ai peu d'espoir de ce coté la.

Je crains le pire.